jeudi 10 septembre 2020

La science malade du Covid et des experts

 

La science malade du coronavirus et de ses experts

(Ce texte a fait l'objet d'une carte blanche dans le soir le 8 septembre 2020)

La caractéristique principale de la science par rapport aux autres disciplines qui créent du savoir est l’utilisation d’une méthode rationnelle sans cesse remise en doute au sein d’une communauté de personnes qui partagent un paradigme. Certains « experts » semblent l’oublier. Au risque de l’affaiblir.

Les scientifiques se réfèrent à la méthode cartésienne : le phénomène à observer doit d’abord faire l’objet d’une mise en doute profonde (c’est-à-dire que la façon dont il est expliqué est réexaminée), ensuite il est analysé et décomposé en éléments plus petits et plus directement étudiables. Chacun de ces petits éléments est lui-même étudié jusqu’à pouvoir être résumé à des « blocs » qui relèvent de l’évidence. Ensuite chacun de ces « blocs », si possibles mathématiques, sont réassemblés. Ainsi étudié jusqu’à sa structure élémentaire, le phénomène est scientifiquement connu (au moins provisoirement) et peut, éventuellement, profiter d’un modèle prédictif.

La plupart des scientifiques s’inscrivent dans cette démarche dont nous ne discuterons pas ici de la pertinence. Mais des déclarations de scientifiques dans la presse autour de la crise du coronavirus s’en écartent dangereusement.

Un rappel du déroulé des événements nous semble utile. L’arrivée du coronavirus est d’abord annoncée par la presse, sous les discours rassurants des politiques. La crise saute aux yeux lorsque le gouvernement décide de mesures drastiques, sur les conseils de ses cautions scientifiques, qui seront appelées indument « experts ». L’expertise présuppose une maitrise de la discipline. Mais quelle discipline gère-t-elle un phénomène aussi radicalement nouveau ? Cette dérive sémantique induit profondément en erreur.

Aussitôt, les polémiques entre « experts » vont fleurir. Ce qui est plutôt sain dans un contexte scientifique mais, dans notre cas, deux problèmes majeurs doivent être relevés : d’une part la population est rarement autant impactée directement par les polémiques scientifiques (certes la population sait qu’il existe des controverses entre savants mais ces dernières ne concernent pas sa survie immédiate) et d’autre part parce qu’il n’existe pas d’expertise de l’inconnu. A l’heure des réseaux sociaux ce dernier point est majeur et, sans doute, mal mesuré par les scientifiques eux-mêmes. L’apparition d’un « inconnu concret » a agi comme un « game changer » (pour reprendre une expression à la mode), disons un tabula rasa de la connaissance. Chacun a légitimement pu se retrancher, à égalité épistémologique, derrière le discours qui lui convient. Ainsi les avis exprimés par les leaders d’opinions sur le coronavirus se résumaient-ils presque toujours à un credo en leur propre grille d’analyse.

Surplombant la cacophonie des croyances, la force de la loi a été imposée. Le gouvernement a choisi la vision de la science des personnes qu’il avait désignées. En d’autres termes, le pouvoir politique a organisé la dernière étape de la méthode cartésienne, c’est-à-dire la recomposition des blocs élémentaires (et lacunaires). Formé par une construction politique sur base d’éléments scientifiques incertains, le bébé à défendre n’est pas un objet scientifique.

Le bébé a grandi et est attaqué de toutes parts. Les scientifiques utilisent des expressions comme « anti-science » ou « complotiste » pour contrer les critiques. Cette attitude, qui est en fait une argumentation ad hominem teintée d’arguments d’autorité, affaiblit la science. Car remettre en cause les décisions prises, les mesures, les analyses des cautions scientifiques et même le paradigme scientifique : ce n’est pas être anti-science ou complotiste, c’est revenir au fondement de la méthode cartésienne. Et discréditer toute critique, c’est défendre un… dogme. Bien sûr de nombreuses voix ne sont pas habilitées à développer une critique fondée mais les scientifiques doivent, eux, admettre, les raisons des critiques qui leur sont adressées. Nous en retiendrons trois :

Il y a d’abord les deux raisons conceptuelles rappelées plus haut et qui relèvent de la méthode : il n’existe pas d’expertise du néant et les politiques ne sont pas capables d’assurer le réassemblage des blocs. Ceci n’enlève rien à la pertinence de certaines expertises dans des disciplines qui étudient la problématique.


 

Enfin, une raison moins constitutive mais plus criante provient des conséquences des hypothèses formulées, car elles impliquent potentiellement la survie de chacun. Et les résultats obtenus font débat.

A nos yeux, ces critiques ne sont pas seulement valides pour questionner le travail effectué lors de la crise.  Pour ces actions, il revient aux scientifiques, de s’interroger, avec les outils qui sont les leurs. Et que de son côté, la Justice, internationale si nécessaire, devra évaluer les décisions politiques.

Les critiques concernent aussi, et peut-être principalement, le cadre du lien social qui, lui, relève de chaque citoyen. Quelle crédibilité encore accorder à ces sciences si leurs représentants les plus médiatisés s’écartent de la méthode cartésienne pour se justifier ? Comment recevoir les obligations sociétales qu’elles imposent si les résultats sont si discutés ? Et surtout comment éviter la contagion du discrédit vers les autres sciences ? Par exemple celles qui évoquent le changement climatique…

jeudi 20 août 2020

Expert et complotiste: phares et écueils de la science

 

Expert et complotiste: phares et écueils de la science

 Ce texte a été publié le 3 septembre 2020 dans Le Vif.

La crise engendrée par le coronavirus a troublé la perception de la science et les conditions de sa vulgarisation. Nous aimerions proposer une carte de lecture qui permet de situer les rôles des experts et des complotistes, non seulement dans la transmission de la science mais aussi dans sa construction: à la fois moteurs et freins. Nous établissons l’analogie avec une carte maritime sur laquelle sont tracés deux phares autour d’un passage aux courants impétueux. Ces phares ne peuvent être ni ignorés ni approchés car ils sont bâtis sur des récifs. La science pour être moderne doit naviguer entre eux, sur la mer du doute cartésien. N’est-ce pas justement l’opportunité que nous offre cette crise; nous jeter dans les courants fluctuants du doute ? Pour offrir, peut-être, la possibilité de régénérer la science…
Une formidable invitation au voyage.

 

 Phares, donc écueils

 

Décrivons notre carte. L’expert se définit comme une personne qui dispose d’une grande expérience et qui est apte à déclarer le vrai au regard du paradigme, autrement dit de l’état actuel des connaissances de la discipline. Le niveau de maîtrise de l’expert lui permet d’éclairer la situation, sa parole est précieuse, et c’est pourquoi nous le qualifierons symboliquement de phare. Dans le cas de la crise du Covid, ce phare est le plus puissant car il abrite un expert particulier: l’expert gouvernemental.  Son paradigme, qui constitue aussi la caution scientifique du pouvoir en place, reçoit automatiquement la bienveillance des médias, des firmes pharmaceutiques et des politiciens. Les médias car ils ont besoin des informations les plus crédibles possibles, ce qu’apporte le paradigme. Les firmes pharmaceutiques car elles ont besoin d’objectiver l’efficacité de leurs produits pour obtenir (ou conserver) l’homologation, ce que seul le paradigme permet. Les politiciens car en ont besoin pour asseoir leur pouvoir tout en se déresponsabilisant au nom de la crise sanitaire. L’expert est l’incarnation du paradigme, il est donc sans cesse entouré et défendu.

 

De l’autre côté du passage, ce que nous appellerons le complotiste constitue aussi un phare dans notre monde moderne. En effet, même si cela peut répugner l’amateur de rationalité, le complotiste éclaire le débat et ce depuis l’origine de la science moderne. Force est de constater qu’une étape d’essence complotiste se loge au fondement du cheminement cartésien. En effet, Descartes, qui veut éliminer tout doute pour atteindre la certitude, passe par le doute hyperbolique. C’est l’étape du « Malin génie » qui transmet aux hommes des informations fausses, ou, pire, à moitié vraies. A ce stade de la méditation métaphysique, tout n’est plus qu’incertitude. Et de ce chaos, via un dieu vérace, va bientôt émerger le cogito, puis la science moderne. Le scepticisme radical est un passage essentiel, à condition… d’en sortir. Le phare du complotiste nous semble bâti sur ce doute permanent: il est essentiel pour maintenir le doute, face au phare de l’expert. Et il est lui aussi courtisé par une triade. Il s’agit ici d’autres médias (par exemple de réinformation), de commerçants hétéroclites et de politiciens moins conventionnels.

De nombreuses attitudes authentiquement critiques (le lanceur d’alerte par exemple ou le scientifique ‘dissident’) ne relèvent pas du complotisme, terme qui d’ailleurs est parfois utilisé comme une injure. C’est que, fort heureusement, la navigation ne s’opère pas sur un phare ou l’autre.

 

 

 

Et pour cause : chaque phare cache un écueil. Pour celui du complotiste, le danger saute aux yeux: rester en permanence dans le doute ne permet jamais à la raison de s’enraciner. Le doute hyperbolique avorte la science en empêchant la formation du consensus et le développement du paradigme. C’est donc le lieu où vont proliférer des hypothèses invraisemblables, pour la plupart incompatibles entre elles. Et au cœur de ce flou vont naître des croyances, plus ou moins nouvelles, plus ou moins fantaisistes. Paradoxalement donc dans ce bouillon de doutes vont parfois être semés les germes de la crédulité, et pour certains l’absence de certitudes devient un fonds de commerce.  

 

Le récif de l’expert aussi est périlleux mais pour une autre raison. A force d’incarner une discipline et d’être au cœur d’enjeux colossaux, l’expert officiel risque d’empêcher l’émergence d’autres paradigmes ou même, plus simplement, les discussions au sein de son paradigme. La parole de l’expert n’est pas celle du doute scientifique, elle est celle de la maîtrise d’une discipline dont on pourrait oublier qu’elle n’en est qu’une, parmi d’autres.

 

Inutiles tirs croisés

 

Vu depuis le phare du complotiste,  l’écueil de l’expert constitue un risque potentiellement mortel dès que le paradigme semble incorrect ou dépassé. Le complotiste est rarement habilité à remettre en cause le paradigme scientifique. Mais il n’a pas besoin d’une autorisation d’ordre académique pour se livrer à ses analyses ou à ses attaques car il est accrédité par le doute hyperbolique. Détecter une faille dans les discours des experts, ou dans celui des politiciens autorisera le complotiste virulent à conspuer le paradigme tout entier. La voie est alors ouverte : si le paradigme est faux, alors ceux qui s’en nourrissent doivent être soit idiots, soit vendus. Il est alors cohérent de parler de « merdias » et/ou de « firmes pharmaceutiques honteuses » et/ou de « dictateurs » surtout que leurs missions sociétales sont respectivement l’information, la santé et la démocratie.

 

La réponse du phare de l’expert peut s’avérer inadéquate voire contre-productive lorsqu’elle se résume à une contre-argumentation de la critique hyperbolique par une négation ad complotium. Pour sortir du doute hyperbolique, la négation ou la mise au pilori ne suffisent pas. Pour y parvenir, il faut poser une instance vérace. Descartes avait mobilisé Dieu pour cette tâche. Mais qui peut s’en charger à l’heure du Covid ? En tous les cas, pas les experts car ils se sont déjà trop déchirés. A fortiori pas un expert seul. Peut-être une Académie des Sciences ou une société savante pourrait-elle non pas répéter des consignes mais bien dévoiler l’état de santé du paradigme ?

 

Chaque phare est légitime mais chacun devrait montrer son cap et détailler ses propres écueils  plutôt que de s’occuper des défauts de l’autre. Or nous assistons actuellement à une sorte de pitoyable chassé-croisé, gonflé à l’infini sur les réseaux sociaux, sans aucun avantage intellectuel ou sociétal. Le phare des experts traite bien trop souvent les critiques  comme si elles étaient l’apanage des complotistes. Et ces derniers sont satisfaits dès qu’ils ont pu révéler une faille dans le paradigme ou dans les propos officiels, ce qui en soi n’apporte rien. Trouver une erreur dans un discours ne dispense pas de la nécessaire raison pour construire une autre argumentation.

 

Le courant de la science

 

Devant la vague inédite du Covid, certains sont restés au large cherchant le passage, d’autres, qu’ils soient scientifiques ou complotistes, ont rejoint un phare, ou l’autre, espérant la lumière, se cramponnant au récif. Il nous semble que la science, pour être authentiquement moderne, doit prendre le risque de naviguer entre les deux phares. Le coronavirus a permis de revoir les certitudes des uns et des autres : en montrant publiquement les divergences entre scientifiques, en rappelant donc qu’une discipline scientifique se construit, peu à peu, autour du doute, selon une méthode rationnelle qui exige la transparence. Ceux qui intègrent cela naviguent déjà entre les deux phares en comprenant que l’enjeu réel se trouve dans la gestion efficace des courants marins, et probablement dans l’émergence d’un nouveau paradigme.

Celui qui ne navigue pas pense avoir raison, puisqu’il est tout contre la lumière de son phare, mais il se trompe car cet arrêt sur un récif n’est pas le passage espéré mais, à proprement parler, le naufrage. 
Alors… on prend le large ? Nous y croiserons des balises, des bouées et des bateaux avec des capitaines experts et/ou complotistes!

François-Xavier HEYNEN - 20 août 2020

mardi 4 août 2020

La cacophonie est-elle la nouvelle propagande ?

La cacophonie est-elle la nouvelle propagande ?


Aldous Huxley aussi était complotiste lorsqu'il affirmait "La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter ?"
Plus sérieusement, Huxley visait probablement la propagande formalisée par Bernays, à vocation politique (par exemple convaincre les Américains d'entrer dans la Grande Guerre) ou à vocation commerciale (vendre des pianos ou des voitures). Dans un cas, comme dans l'autre, il existe un émetteur, plus ou moins caché, qui diffuse un message (direct ou indirect) qui est présenté comme évident. J'aime beaucoup, et depuis longtemps, Huxley mais dans le cas de la crise de la Covid, je pense que l'expression "propagande" n'est pas appropriée. Il n'y a en effet pas d'émetteur unique et surtout il n'y a pas de message évident. Ou bien il faut redéfinir le terme de "propagande" comme étant un message pluriel (et incohérent) diffusé simultanément par plusieurs émetteurs aux intentions divergentes. Or ce terme existe déjà en français: cacophonie. Voyons ce que cela donnerait chez Huxley: "La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La cacophonie, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter." Ce qui m'angoisse c'est que cette paraphrase me semble dramatiquement plus actuelle que l'originale ! Et ceci sans devoir passer par le soupçon de complotisme qui menace celui qui ose douter.


samedi 6 juin 2020

Perdre confiance en la science pour la sauver ?


La crise du Covid a placé sur le devant de la scène médiatique de nombreuses contradictions entre experts scientifiques. Assisterait-on au naufrage d’une discipline scientifique ? Ceci entrainera peut-être une perte de confiance du public envers la science moderne. Le citoyen peut-il mettre à mort la science ?  C’est déjà arrivé et c’était plutôt une bonne chose. Le doute ne constitue-t-il pas le cœur de la science ?

Dans un premier temps, nous aimerions mentionner que les conflits d’experts qui ont parsemé le champ médiatique ne constituent pas le point le plus inquiétant pour la stabilité de la science. Il faut surtout déplorer que de nombreuses déclarations émises par des experts étaient infalsifiables, c’est-à-dire, pour  reprendre Popper, qu’elles ne relevaient pas de la science moderne. En effet un énoncé qui ne peut pas être réfuté relève plutôt du dogme.
Nous aimerions ici convoquer un autre philosophe des sciences, Thomas Kuhn et sa « structure des révolutions scientifiques ». Pour lui, il existe une période de science normale durant laquelle un paradigme (le cadre théorique) s’est imposé et satisfait les scientifiques pour la résolution des problèmes. Ce paradigme est, notamment, disponible dans un « manuel de la discipline » qui permet aux scientifiques de se rassembler. Le manuel doit être maîtrisé par ceux qui souhaitent entrer dans la communauté scientifique et il sert de point de départ pour les expériences ultérieures.
Cette science normale entre dans une sa phase extraordinaire suite à des événements qui la remettent en question et qui ne peuvent pas être traités correctement par le paradigme en cours. La communauté se déchire alors et des hypothèses alternatives (ré)apparaissent. C’est le début de la période de science extraordinaire durant laquelle des changements majeurs fleurissent. Ainsi naît un nouveau paradigme.
Assisterions-nous en direct à une telle révolution ? Ici et là nous avons pu entendre des déclarations de scientifiques qui reconnaissent leur remise en question face au coronavirus. Pour Kuhn, cela est plutôt de bon augure pour la science future. Si cette révolution a lieu, elle se déroulera à huis-clos dans les enceintes autorisées, entre pairs.  Mais il pourrait se produire ici une révolution un peu différente.



Une science mise à mort par le citoyen ?

En effet la crise engendrée par le coronavirus a largement débordé le cadre de la science. Le démocrate aura vu avec, pour le moins, étonnement, la collusion qui s’installait entre la connaissance scientifique floue et lacunaire de la Covid et des mesures politiques coercitives et liberticides. Des mesures sanitaires, fondées sur des théories fluctuantes, justifiaient, au nom de la santé, des politiques d’exception. La science, et plus précisément les sciences du vivant (infectiologie, épidémiologie…), pourront-elles éviter de devoir rendre des comptes à la société? Ne fut-ce que, par exemple, sur les masques ou les maisons de repos ? Evidemment les décisions ont été prises par les politiques mais les scientifiques ont conseillé sur base d’un certain état de la science.
Puisque la science et la vie publique ont été imbriquées à ce point, peut-on se contenter de laisser cet état de la science se reconstruire sur la base seulement de ses propres membres. Autrement dit, peut-on laisser la science aux scientifiques comme l’affirme avec une louche de  dogme et une pincée de désespoir, le secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences sur la RTBF ?

A cause d’une  volonté citoyenne, est-il possible d’imaginer qu’une science se transforme, voire disparaisse? La réponse est positive. Il existe un exemple historique au 20ème siècle : le racisme.  Le racisme était une science du vivant qui disposait de ses chaires universitaires et de ses manuels. Puis, éclaboussé par les exactions causées en son nom, le racisme a été solennellement renié par la communauté scientifique, à l’UNESCO en… 1949. Aujourd’hui le racisme existe encore, sous la forme d’une idéologie, et des bribes de sa démarche sont intégrées dans la biologie (le concept d’ethnie par exemple). Mais peu de personnes savent encore qu’il s’agissait d’une science. En effet, il est très perturbant de penser que cette discipline pouvait être caractérisée à l’époque non par la malveillance mais par la rigueur scientifique.

Mutatis mutandis. Le tracing, le confinement, la vaccination, les pouvoirs spéciaux, l’Etat d’urgence sont instaurés au nom d’une bienveillance sanitaire.  Et si le citoyen finissait plutôt par considérer ces mesures comme indignes d’une politique démocratique et d’une science moderne humaniste ?
Que l’on soit scientifique ou citoyen, mettre en doute et remettre en cause les disciplines qui ont généré des mesures aussi autoritaires malgré des données incertaines, est-ce une perte de confiance dans la science ou bien un acte cartésien ?